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A l’étranger, rien n’est plus enrichissant que les rencontres…

Chère lectrice, Cher lecteur,

Si vous partez en retraite à l’étranger, vous en profiterez certainement pour voyager dans la région où vous vous êtes installé, un conseil : Ne passez pas à côté des  opportunités de rencontres qui se présenteront forcement à vous, des moments qui risquent de rester gravés à jamais dans votre mémoire.

Voici le récit d’un voyage de deux mois que j’ai effectué en mode routard il y a quelques années en Amérique du sud. Mon périple m’a conduit de Sao Paulo (Brésil) à travers 7 pays, avec retour à Sao Paulo soit un peu plus de 13 000 km, le tout en bus et en train. Plein de belles rencontres dont je me souviens encore précisément aujourd’hui.

« Mon voyage en Amérique du Sud se termine. Je suis actuellement à Sucre (Bolivie) d’où je suis impatient de me rendre demain au fabuleux marché qui se tient tous les dimanches dans le petit village de Tarabuco où convergent les indiens Quechua qui descendent des montagnes environnantes encore vêtus de leur habit traditionnel coloré pour troquer toutes sortes de victuailles. Puis j’emprunterai le Ferrobus (une sorte de bus monté sur rail) qui traverse de nuit toute la région Oriente pour rejoindre la frontière brésilienne, d’où un bus m’amènera à Rio de Janeiro, la dernière étape de mon périple.

Bien que je n’ai pas pu voir tout ce que je souhaitais, j’ai quand même découvert pas mal de choses dans ce périple de deux mois, qui m’a conduit de Sao Paulo (Brésil) à travers 7 pays, avec retour à Sao Paulo soit un peu plus de 13 000 km, le tout en bus et en train : des chutes d’eau impressionnantes, des anciennes missions jésuites, des villes coloniales préservées, des sommets enneigés, un désert de sel, des ruines incas, des processions religieuses majestueuses, des marchés colorés,…  

Vous imaginez bien que je suis pleinement satisfait de la façon dont ce voyage s’est déroulé, les souvenirs passent en boucle dans ma tête.

Cependant, malgré tout ces endroits magnifiques, c’est autre chose qui a fait toute la richesse de ce voyage, quelque chose qui, jour après jour, s’est avéré beaucoup plus important et profitable que tous les autres aspects du voyage.

Ce sont les rencontres…

Quand je me pose et que je me remémore le temps passé au Paraguay, en Argentine, au Chili, ou encore au Pérou… je peux vous garantir que mes premières pensées vont systématiquement vers les gens que j’ai rencontré dans ces pays. Et j’aurai toujours le sourire quand je penserai à eux.

Mr et Mme  Suarez, les adorables propriétaires de la petite cordonnerie du quartier historique de Colonia de Sacramento en Uruguay, où je m’étais rendu pour réparer mes chaussures fatiguées par mes longues randonnées. Les locaux croisés au détour de mon chemin dans les ruelles en terre de San Pedro de Acatama au Chili, ou encore Pedro, le petit garçon de 6 ans qui me suivait dans les ruelles de son village de Chinchero au Pérou en insistant pour que je vienne visiter son école…

Que dire aussi de ce couple de retraités rencontré dans le bus qui me menait à Potosi en Bolivie. Pendant deux jours, ils m’ont piloté partout, musées, cafés, vieux quartiers, marchés, m’offrant ainsi une visite touristique privée que je n’aurais jamais pu organiser par moi-même.

Et cela ne s’est pas arrêté là, puisque mes chaleureux hôtes ont insisté pour que je les accompagne au mariage du fils d’un de leurs amis. A peine arrivé à l’église, toutes les personnes que j’ai rencontré m’ont accueilli, moi l’étranger, comme si ma présence était attendue. Qui plus est, en plein au milieu de la cérémonie, le père du marié s’est fait réprimandé par sa femme qui lui demandait de baisser le ton parce qu’il avait commencé à me parler, me posant des questions et voulant s’assurer que j’étais bien et que je me plaisais.

Une fois la cérémonie terminée, notre groupe d’environ 50 personnes s’est rendu dans un restaurant voisin et c’est là que j’ai eu la chance d’expérimenter une fête bolivienne, principalement faite de conversations, de rires, de plaisanteries et de manifestations amicales,  seulement interrompues par l’arrivée incessante des plats de nourriture et des verres remplis de bière et de cognac local.

Pendant 4 heures, on a passé un bon moment assis ensemble et quand vint l’heure de fermeture du restaurant et que nous étions donc obligés de partir, je me suis vraiment senti comme quelqu’un qui venait de passer une bonne soirée entre amis de longue date ».

C’est pour cela que je voyage. Pour les rencontres imprévues et tellement chaleureuses. Cela a toujours été ainsi et çà le restera. Et si je n’avais pas eu de tels moments de bonheur dans la plupart des endroits que j’ai visité sur la planète, j’aurai certainement arrêté de voyager depuis bien longtemps.

Paul Delahoutre

Auteur des guides « Retraite sans Frontières »