Vivre mieux en dépensant moins !

Les 2 grandes craintes des retraités
qui souhaitent partir à l'étranger

Le journaliste du magazine Capital qui m’interviewait récemment voulait une réponse franche.
« Vivre ou prendre sa retraite à l’étranger est une excellente idée au premier abord… mais il doit bien y avoir des inconvénients. Quels sont les plus grandes préoccupations que les gens ont après s’être installés à l’étranger, une fois que la période « lune de miel » est terminée ? »

« J’en vois deux » lui répondis-je…

1 – Quitter sa famille et ses amis

La première grande souffrance qui peut se produire après s’être installé dans une nouvelle maison à l’étranger est l’éloignement de la famille et des amis, spécialement des enfants et petits-enfants, restés à l’endroit d’où vous venez.

Si vous étiez habitué à être régulièrement présent auprès de vos petits-enfants, perdre cette connexion sera douloureux.

La bonne nouvelle c’est que vous avez aujourd’hui plus de solutions pour régler ce problème.
WhatsApp, Skype et la vidéo-conférence permettent de voir ses enfants et petits-enfants tous les jours si vous le souhaitez.

Bien sûr, WhatsApp, avec votre petit-fils de 4 ans, n’est pas aussi agréable que de le faire rebondir sur vos genoux, mais cela peut rendre la séparation plus facile à accepter.

Si vous avez des enfants ou des petits-enfants que vous souhaitez garder dans votre vie une fois que vous vous êtes relocalisé dans un nouveau pays, assurez-vous d’inclure une généreuse affectation « voyage » dans votre budget. Calculez le coût pour rendre visite et faire venir vos enfants et petits-enfants autant de fois que vous le souhaitez tous les ans.

Quelle chance pour vos petits-enfants de passer 2 mois tous les étés avec vous dans votre nouvelle maison au bord de la mer.

2 – Vieillir à l’étranger

Le second problème pratique en lien avec le fait de prendre sa retraite à l’étranger est le vieillissement loin de la France.

Imaginons que vous avez 62 ans et votre mari 65 ans, et que vous avez pris votre retraite cette année en Grèce.

Vous aimez votre nouvelle vie sur l’île de Paros qui possède de magnifiques plages de sable, des villages authentiques, d’antiques chemins de randonnées parsemés de petits monastères  et de moulins à vent blanchis à la chaux. Vos nouveaux voisins vous ont accueillis dans leur communauté. Vous êtes maintenant parfaitement intégrés et vous vous impliquez dans du volontariat auprès de l’école communale.
La vie est belle !

10 ans plus tard…
Votre mari qui a aujourd’hui 73 ans, a eu un accident vasculaire cérébral. Il ne peut plus se déplacer et ne peut plus rester seul.
A 70 ans, vous êtes toujours en bonne santé, mais vous commencez à ralentir le rythme…

Et vous devez prendre une décision.

Allez-vous continuer à vivre sur une île relativement éloignée où vous et votre mari se sont lancés dans une nouvelle vie, sachant que vous prenez conscience, avec les années qui passent, que cela deviendra de plus en plus pénible de prendre soin de vous tout en vous occupant de votre mari, sans l’aide de vos proches… ? Ou allez-vous retourner dans votre famille ?

C’est une situation réelle, l’histoire d’un couple qui s’est retiré en Grèce il y a 10 ans. L’année passée, le mari a eu un accident cérébral… et son épouse s’est trouvé face à une très difficile décision à prendre.

Elle aurait pu prendre une aide à domicile, ce qui est facile à envisager à Paros, eut égard au faible coût de ce type de service.
Mais elle choisit de prendre soin de son mari en retournant en Bretagne, où ses enfants et petits-enfants vivaient.

« J’ai l’impression d’avoir laissé tomber mon mari », me dit-elle après avoir fait le choix de retourner en France.

 » C’était mon rêve mais aussi le sien de vivre en Grèce comme nous l’avons fait. Et nous avons adoré cette période de notre vie…

« J’ai échoué, mais je pense qu’il était nécessaire que l’on reviennent tous les deux vivre à proximité de notre famille ».
« Tu n’a pas échoué » lui ai-je répondu « Vous n’avez pas échoué »

« Toi et ton mari ont vécu une grande aventure… 10 ans d’expériences extraordinaires et de nouveaux amis que vous allez aimer jusqu’à la fin de vos jours »

La retraite à l’étranger n’est pas forcément un voyage aller simple. Vous pouvez avoir de bonnes raisons de revenir sans pour autant être en situation d’échec.

Revenir en France n’est pas synonyme d’abandon. C’est simplement le début d’une nouvelle étape de la vie…

Paul Delahoutre
Auteur des guides « Retraite sans Frontières »