Vivre mieux en dépensant moins !

Vous pouvez toujours laissez votre conjoint en France (lol)

Un conjoint qui n’approuve pas l’idée de découvrir à quoi la vie peut ressembler ailleurs risque de faire échec à l’idée même d’y penser. Vous ne pouvez pas faire la valise de votre moitié pour lui (ou elle), la prendre par la main, et l’emmener sous d’autres cieux. Oui, un conjoint qui insiste pour dire qu’il veut rester, représente un challenge bien plus grand qu’un enfant qui s’oppose à une expatriation.

Il y a plusieurs années, marchant dans la rue à Paris, un collègue me lança soudainement « Toi et ta femme êtes chanceux, vous semblez avoir les mêmes idées sur votre façon de vivre et sur l’endroit où vous souhaitez passer votre temps.

« Ma femme et moi luttons sur ce sujet », poursuivit-il. « J’essaye depuis des années de la convaincre de déménager à Séville. C’est là que j’aimerai passer notre retraite. J’en ai rêvé pendant des années mais elle ne partage pas cette idée. Elle ne veut pas quitter ses petits-enfants. Je n’arrive même pas la convaincre d’y passer une partie de l’année. Es-ce que tu aurais une suggestion à me faire? me demanda-t-il.

Depuis des années, nombreux sont ceux qui m’ont posé la même question. Une fois, je me souviens, la femme était 100% d’accord pour déménager. Elle avait voyagé et vécu à l’étranger par le passé et elle saisissait toutes les opportunités d’aventure et de découverte. Son mari par contre, n’avait pas de passeport et n’était pas motivé pour en acquérir un.

La position de sa femme ? « Je pars avec ou sans lui » me dit-elle.

Je me rappelle aussi d’un autre lecteur qui ne désirait rien d’autre que de prendre sa retraite au bord d’une plage tropicale. Il rêvait d’une vue sur les eaux turquoise de la mer des Caraïbes depuis la fenêtre de sa chambre, et de marcher directement sur le sable depuis le porche de sa villa. L’image de la vie qu’il souhaitait était si claire dans sa tête qu’il était de plus en plus frustré par la vie qu’il vivait. Mais sa femme travaillait encore et n’était pas prête à quitter son emploi.

Sa solution? Il décida de rechercher la vue sur la mer paradisiaque de ses caprices, d’acheter la villa de bord de mer qu’il désirait, et d’y séjourner aussi souvent que possible, divisant son temps entre son nouveau lieu de vie et son ancien en France, jusqu’au moment où lui et sa femme pourraient s’y installer ensemble de manière permanente.

Transformer en succès une nouvelle vie à l’étranger requière de l’énergie, de l’engagement et une attitude positive. Vous ne souhaitez pas forcer votre conjoint à faire ce que vous désirez faire. De même que vous ne souhaitez pas abandonner vos rêves parce que votre conjoint ne les partage pas. Et vous n’avez pas de raison à le faire.

Concrètement, vous avez deux options. Vous pouvez quitter votre conjoint (Je ne vous le recommande pas, j’énonce simplement une possibilité)

Ou vous pouvez trouver un compromis. Commencez par comprendre les résistances de votre partenaire. Sur quoi reposent-elles? Refus d’avoir à apprendre une nouvelle langue? Angoisse de se trouver à 12 heures d’avion de ses petits-enfants? Ou peut-être plus généralement crainte de l’inconnu.

Ensuite, recherchez une solution spécifique à chacune des résistances formulées. Si la langue est un frein, comme c’est souvent le cas, envisagez un pays où vous n’auriez pas à en apprendre une nouvelle (Maroc, Sénégal, Ile Maurice par exemple). Si ne pas vouloir être éloigné de la famille est l’objection principale, intéressez-vous à des destinations proches (Portugal, Espagne)… ou peut-être encore mieux, à un endroit où les enfants et petits-enfants auront envie de vous rendre visite. C’est super d’avoir des grands-parents qui possèdent une maison au bord de l’eau sous les tropiques!

C’est aujourd’hui plus facile que jamais de rester en contact avec ceux que vous ne voulez pas laisser derrière vous. Un couple de retraités de Bretagne, partis vivre en Thaïlande avec l’appréhension de s’éloigner de leurs proches, m’expliquait récemment que, pour que rien ne change, ils communiquaient avec leurs enfants restés en France, en direct et tous les jours, via WhatsApp… et que leur fils commençait à réfléchir à l’idée de les rejoindre.

Si l’objection de votre conjoint est basée sur une vague crainte de la nouveauté et de l’étranger, avancez à petits pas, ce n’est pas forcément tout ou rien, en tout cas pas au début. Commencez par un séjour, prenez-le comme des vacances. Laissez votre conjoint choisir la destination et restez-y aussi longtemps qu’il (ou elle) se sent bien.

Qu’est-ce qu’il peut vous arriver de pire? Profiter des vacances et retourner chez vous avec quelques semaines de souvenirs agréables.

Plus vraisemblablement, cette première petite marche vous conduira à une seconde, plus grande… peut-être une location de 3 mois vers une autre destination que votre chéri(e) trouve intéressante.

L’important est de se lancer et puis de travailler à concilier les priorités et les intérêts de votre époux (épouse). Et de vous souvenir que prendre sa retraite à l’étranger peut prendre de nombreuses formes. Quand l’idée de tout vendre et de partir dans un pays étranger où on parle une langue différente dont vous ne connaissez pas un mot, est intimidante… pourquoi pas l’idée d’un mois à la fois, à un endroit sûr et ensoleillé où les gens parlent français?

Est-ce si effrayant que cela ?

Bonne chance

Paul Delahoutre
Auteur des guides « Retraite sans Frontières »